contamination radioactive suite à l'accident de Tchernobyl © EUROPEAN ENVIRONMENT AGENCY
Le 26 avril 1986 à 1h24'04", dans la centrale de Tchernobyl en Ukraine ( qui appartenait alors à la Russie), est déclenché un test consistant à simuler une coupure d'électricité sur le réacteur N°4 pour vérifier le fonctionnement du mode d'alimentation de secours.
Or la température s'élève très rapidement. Le chef d'équipe qui est aux commandes donne l'ordre d'arrêter le réacteur. Mais le bouton d'arrêt est inopérant. A 1h24'44", soit 40 secondes après le début du test, le réacteur n°4 explose. Les produits radioactifs sont projetés jusqu'à 1 200 m d'altitude. Les rejets se poursuivront jusqu'au 5 mai.
Le panache radioactif poussé par les vents d'est véhicule 12 milliards de becquerels soit 10 fois plus qu'Hiroshima. Les pays scandinaves sont les premiers touchés.
Une cinquantaine de pompiers et de travailleurs intervenus sans protection, victimes du "coup de soleil nucléaire", mourront dans les semaines qui suivent. On estime à 4 000 le nombre de décès supplémentaires qui surviendront plus tard par leucémie.
Sur les causes de l'accident les certitudes sont rares sinon que le personnel était composé de techniciens en mécanique et électricité et non de spécialistes en génie nucléaire et que les réacteurs étaient (et sont toujours) de type RBMK-1000, filière russe de fiabilité médiocre néanmoins très répandue. En revanche des doutes considérables pèsent sur les conséquences. Le KGB a immédiatement exercé un black out. Les pertes humaines sont floues et controversées. Les réactions officielles qui ont suivi l'accident, souvent tardivement, sont consternantes par l'incompétence, l'irresponsabilité et les mensonges qu'elles révèlent, visant à minimiser la catastrophe.
Exemple 1. "Comment voulez-vous qu'une centrale nucléaire construite par le peuple et pour le peuple puisse se retourner contre le peuple ?" ont dit les Russes.
Exemple 2. Le KGB impute "l'accident" à l'espionnage et au sabotage.
Exemple 3. Les ministres français, de l'Environnement Alain Carignon et de la Santé Michèle Barzach, étant introuvables, Chirac pique une colère. C'est un certain Pierre Pellerin, directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants qu'on envoie parler à la télé. Il est rassurant : "Aucun inconvénient pour la santé publique". La carte météo d'Antenne 2 présente un gros "STOP" à la frontière française. Pellerin refuse un embargo sur le lait, les fruits et les légumes comme dans d'autres pays.
Exemple 4. Le grand scientifique russe Dimitri Popov proclame "La population locale n'a besoin d'aucun soin particulier si ce n'est une psychothérapie".
Finalement une zone d'exclusion de 4 800 km2 est créée et dure toujours, avec de plus en plus de dérogations et de contraventions.
Le sarcophage construit autour du réacteur n°4 par les Russes n'a pas résisté longtemps. Un énorme sarcophage sous forme d'une arche coulissante a été construit par un consortium Bouygues-Vinci et livré en 2019. Sa durée de vie est de 100 ans. Sauf que les Russes, toujours très avisés, l'ont gravement endommagé par une attaque de drone le 13/14 février 2025.

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