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L’Espagne possède plusieurs enclaves (ou "présides", ou "plazas
de soberania") sur la côte Nord du Maroc. Certaines sont des pitons rocheux ou
des îlots inhabités. Deux sont des villes autonomes portuaires d'importance : Ceuta (18,5
km2, 84 000 habitants) et Mellila (13,4 km2, 83 000 habitants). A titre de comparaison : Versailles (26,2 km2, 84 000 habitants). Ceuta est sur le détroit de Gibraltar, à 14 km de l’Espagne continentale. Mellila, à l’est, vers l'Algérie, est plus éloignée de l’Espagne.
Ces territoires appartiennent à l’Espace Schengen qui est sous le régime de la libre circulation.
De longue date, les migrants africains, et d’autres, ont
tenté de s’introduire irrégulièrement à Ceuta pour entrer en Europe.
En cette fin du mois de juillet et depuis quelques jours,
une vague migratoire d'une soudaineté et d'une ampleur inégalées a déferlé sur Ceuta. On parle de 60 000 personnes.
Les migrants sont arrivées par la mer, en nageant, ce qui est assez facile puisque la
frontière terrestre avec le Maroc, défendue par grillage et barbelés, se
referme à ses deux extrémités sur la mer Méditerranée. Facile à condition de savoir nager, on parle de 60 morts, pour la plupart par noyade. Les autorités espagnoles sont submergées. A ce jour, 38 000 de ces migrants seraient déjà retournés au Maroc en raison des très mauvaises conditions d'accueil qu'ils ont trouvées dans la ville qu'ils ont assiégée.
Le gouvernement espagnol du premier ministre socialiste Pedro Sanchez, à rebours de la politique européenne qui vise à contrôler l'immigration, a lancé une régularisation de 500 000 clandestins, ce qui revient à leur accorder la citoyenneté espagnole donc européenne. Ce puissant appel d'air a été renforcé par la décision le 29 juin 2026 du Tribunal Supremo espagnol de garantir le non refoulement immédiat des migrants irréguliers arrivés par la mer.
De son côté, le Maroc, pratiquant sans complexe le chantage migratoire, a ouvert les vannes du flux des migrants en représailles contre l'Espagne à qui il reproche son rapprochement récent avec l'Algérie. Subsidiairement, les migrants sont essentiellement de jeunes Marocains fuyant leur pays, ce qui n'est pas très reluisant pour le royaume chérifien.
Dans son livre fameux intitulé "Le camp des saints", paru en 1973, Jean Raspail raconte l'arrivée sur les côtes françaises d'une immense flotille de migrants en provenance de l'Inde. Autorités politiques, médias et institutions sont incapables de s'accorder sur la manière de réagir. Privée de résistance, la société occidentale s'effondre. Cette fiction a été qualifiée de prémonitoire par les uns, de xénophobe par les autres.




















