8 mars 2018

La SNCF aime-t-elle ses clients ? - Suppression des billetteries grandes lignes à Versailles

Les trois billetteries grandes lignes de Versailles, gare Rive Droite, gare Rive Gauche, gare des Chantiers, sont supprimées (effectif pour RD et RG, fin mars pour Chantiers).
Ce n'est pas faute d'affluence. Chacun a pu constater l'affluence et le long délai d'attente avant de pouvoir s'adresser à l'un des deux ou trois agents présents dans ces billetteries.
Les billetteries grandes lignes sont gérées par SNCF Voyages, filiale de la SNCF. Vu par le client, cela ne change rien au problème.
Parmi les nombreux clients de ce service on compte évidemment une proportion notable de personnes d'un certain âge qui ne possèdent pas d'ordinateur, ou qui ne sont pas à l'aise avec le site d'achat en ligne, qui n'ont pas de petits-enfants pour les aider, ou qui, tout simplement ne sont rassurées que lorsqu'elles ont un ticket en carton en main.

Mais la SNCF a trouvé un palliatif pour la clientèle versaillaise : la billeterie grandes lignes de la gare Montparnasse est maintenue ! Un grand merci.

Au passage, sur un sujet connexe (la première syllabe indique que cet adjectif n'a pas été choisi au hasard) on relève l'ergonomie particulièrement performante des automates qui délivrent des tickets pour le Transilien. Il suffit de faire soi-même l'expérience ou d'observer les autres utilisateurs. La recherche de la bonne destination combinée au nombre d'unités désiré est souvent exaspérante. Lorsqu'on a commandé et payé son carnet de 10 et un reçu, il suffit d'attendre que les 11 tickets tombent en vrac dans un bac situé à hauteur des genoux. Il n'y a plus qu'à s'accroupir si on a des articulations qui permettent la gymnastique imposée et a récupérer un tas foisonnant en espérant que le compte y est et qu'on a rien oublié dans la gamelle.

La SNCF aime ses agents, auxquels elle attribue ainsi qu'à tout leur cercle familial l'avantage exorbitant de billets gratuits ou quasi gratuits. On valorise cette libéralité à un montant de 50 à 100 millions d'euros par an. Certains privilèges sont maintenus après le départ en retraite. Les syndicats tiennent mordicus à ces "zacquis". Il est sûr qu'avec les économies réalisées en supprimant les services billetterie grande ligne on contribue à leur pérennité.

Combien la SNCF compte-t-elle de polytechniciens parmi ses cadres ?

25 février 2018

Jeux olympiques d'hiver 2018 à Pyeongchang - classement et rappel lexicographique



Classement final par pays


pays
or
argent
bronze
total
1
14
14
11
39
2
14
10
7
31
3
11
8
10
29
4
9
8
6
23
5
8
6
6
20
6
7
6
1
14
7
5
8
4
17
8
5
6
4
15
9
5
4
6
15
10
5
3
6
14
11
4
5
4
13
12
3
2
5
10
13
A.O.R. (Russie)
2
6
9
17
14
2
2
3
7
15
2
1
0
3
16
1
6
2
9
17
1
2
0
3
18
1
1
4
6
19
1
0
4
5
20
1
0
1
2
21
1
0
0
1
-
1
0
0
1
23
0
2
1
3
24
0
1
1
2
25
0
1
0
1
26
0
0
2
2
-
0
0
2
2
28
0
0
1
1
-
0
0
1
1
-
0
0
1
1

Un petit rappel.
olympiade = unité de temps datant d'Alexandre le Grand, période de quatre ans qui sépare deux jeux olympiques. On voit mal comment utiliser ce mot au pluriel.
C'est donc une double faute que de dire "les Olympiades" pour désigner "les jeux olympiques". Mais cela fait tellement chic et instruit ! 

23 février 2018

Lexicographie et sémantique - ZAD et ADN


ZAD = Zone d’Aménagement Différé, définie par la loi du 26 juillet 1962 comme un secteur où une collectivité locale, un établissement public y ayant vocation ou une Société d'économie mixte (SEM) titulaire d'une convention d'aménagement dispose, pour une durée de 6 ans, d'un droit de préemption sur toutes les ventes et cessions à titre onéreux de biens immobiliers ou de droits sociaux.
Cette définition administrative est toujours en vigueur mais l’acronyme renvoie depuis 2010 environ à sa version détournée de « Zone à Défendre » inventée – avec un certain génie, il faut le reconnaître - par les anarchistes, anticapitalistes, altermondialistes, écologistes et autres hirsutes hors-la-loi en tous genres qui se sont fait une spécialité d’occuper illégalement des sites prévus pour des aménagements qu’ils disent réprouver.
Ils se sont baptisés « Zadistes », terme désormais accepté par l’usage et qui jouit d’une connotation souvent reconnue comme sympathique.
En novembre 2014, les termes « ZAD » et « zadistes » ont été déposés à l'INPI par René Leblanc, ancien maire de Quelneuc et opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui dit avoir voulu ainsi éviter leur récupération à des fins mercantiles.

Cette dérive sémantique est en tout point remarquable par sa rapidité et son succès écrasant. Interrogeons les gens à la sortie du métro sur le sens de ZAD et de Zadiste, il y a fort à parier que personne ne citera la définition administrative.

ADN = acide désoxyribonucléique. C’est une macromolécule biologique présente dans toutes les cellules ainsi que chez de nombreux virus. L'ADN contient toute l'information génétique, appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants.

Par emprunt analogique ou par antonomase, l’acronyme chimio-biologique est devenu en quelques années un mot à la mode, utilisé à tort et à travers par les Diafoirus (encore une antonomase) de l’économie, du journalisme et de la politique : « La sécurité est dans l’ADN de notre entreprise », « L’ADN de notre parti est de défendre la classe ouvrière », etc. Ces Diafoirus parleraient le latin s’ils l’avaient appris. Ils foulent aux pieds la langue française dont le vocabulaire permet de nommer avec nuance la notion de caractéristique immuable : dans les gènes, tradition, usage, coutume, valeurs, cœur de métier, etc. En un mot, leur ADN à eux, c’est la fatuité et la crétinerie.

19 février 2018

Réfugiés - nous sommes tous frères

17 février 2018 - centre hospitalier de Calais - réfugiés érythréens se rendant à une rencontre avec des réfugiés afghans.


6 février 2018

Grand Paris Express - lettre d'Elisabeth Borne du 30 janvier aux parlementaires et élus

Le rapport de la Cour des Comptes de décembre 2017 (voir article du 22 janvier dans ce blog) a jeté un grand froid sur le projet du siècle.

Lors d'une réunion le 26 janvier avec des élus d'Île-de-France fort mécontents de la tournure des évènements, Madame Elisabeth Borne, ministre des Transports, a tenu à les rassurer sur les intentions de l'Etat de mener à bonne fin l'intégralité du projet du Grand Paris Express.

Elle a confirmé ses dires dans une lettre daté du 30 janvier aux parlementaires et aux élus d'Île de France, que SAVE s'est procurée, téléchargeable par le lien ci-dessous :



Tout sera donc réalisé, sauf qu'on ne sait pas quand, ni dans quel ordre, ni à quel prix. Cependant, il semble que la remise à plat de ce projet dont les travaux sont commencés sera menée tambour battant au sein de différents groupes de travail, dès le mois de février.

D'une autre source, on apprend qu'un de ces groupes de travail, chargé du financement, s'est formé sous la présidence de Gilles Carrez.

La ligne 18 d'Aéroport-d'Orly à Versailles-Chantiers qui touche à nos proches intérêts d'autant plus qu'elle passera par le plateau de Saclay et Satory, n'est même pas citée à ce stade. Pourquoi s'en inquiéter puisqu'on nous jure que tout se fera. Mais quand même...