Association loi 1901 créée en 2002 ayant pour objet la qualité du cadre de vie. Périmètre : Versailles et Le Chesnay-Rocquencourt. Agit en réseau au sein de SAVE et d'Yvelines Environnement. Conseil d'administration : Alain Bertet, Coralie Belmer, Michel Chatain, Briac de Charry, Scholastique de Tarlé (trésorier), Marie-Thérèse Desjardins, Michel Morgenthaler (président), Aude Tézenas du Montcel (secrétaire). Les articles sont rédigés par le président et n'engagent que lui.
14 avril 2022
Paris-Saclay - réunion associations du 6 avril 2022
13 avril 2022
7 avril 2022
Paris-Saclay - compte rendu de la réunion associations du 23 novembre 2021
La réunion tenue le 23 novembre 2021 en présentiel a fait l'objet du compte rendu téléchargeable par le lien suivant :
23/11/21 - Compte rendu réunion associations
23 mars 2022
La langue française depuis les serments de Strasbourg en 842
![]() |
| proclamation des serments de Strasbourg en 842 © FRANCE CULTURE.FR |
![]() |
| extrait du serment en langue romane © WIKIPEDIA |
Les serments de Strasbourg (Sacramenta Argentariæ), datant
du 14 février 842 signent l'alliance militaire entre Charles le Chauve
et Louis le Germanique contre leur frère aîné Lothaire Ier. Ils sont
tous trois les fils de Louis le Pieux, lui-même fils de Charlemagne. Ces serments précèdent d'un an le traité de
Verdun, lequel sera d'une importance géopolitique considérable.
Louis le Germanique prononce son serment en langue romane pour
être compris des soldats de Charles le Chauve qui récite le sien en langue
tudesque pour qu'il soit entendu des soldats de son frère.
Le texte en roman des Serments a une portée
philologique et symbolique essentielle, puisqu'il constitue, pour ainsi
dire, « l'acte de naissance de la langue française » dans le
cadre d'un accord politique d'envergure historique.
L'ordonnance d'août 1539 sur le fait de la justice,
dite l’ordonnance de Villers-Cotterêts, aussi
appelée l'ordonnance Guillemine, est un texte législatif édicté par le roi
de France François Ier entre le 10 et le 25 août 1539
à Villers-Cotterêts (dans le département actuel de l'Aisne), enregistré au
Parlement de Paris le 6 septembre 1539. Cette ordonnance est le plus
ancien texte législatif encore en vigueur en France, ses articles 110 et 111 (concernant la langue française)
n'ayant jamais été abrogés.
Elle est surtout connue pour être l'acte fondateur de la primauté du
français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de
France. Pour faciliter la bonne compréhension des actes de
l’administration et de la justice, mais aussi pour affermir le pouvoir
monarchique, elle impose qu'ils soient rédigés « en langages maternels
français et non autrement ». Le français devient ainsi la langue
officielle du droit et de l’administration en lieu et place du latin.
L’Académie française est fondée en 1635 par le
cardinal de Richelieu. « La principale fonction de l’Académie sera de
travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles
certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter
les arts et les sciences » (article XXIV). À cet effet, « il sera composé un
dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique » (article XXVI),
et seront édictées pour l’orthographe des règles qui s’imposeront à tous
(article XLIV).
L'abbé Grégoire (Henri-Baptiste Grégoire), le 16 prairial an II ( 4 juin 1794) présente à la Convention un "Rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française".
La constitution française du 4
octobre 1958 dispose en son Titre premier Article 2 que :
· La langue de la République
est le français ;
·
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu,
blanc, rouge ;
·
L'hymne national est la "Marseillaise" ;
·
La devise de la République est "Liberté, Egalité,
Fraternité".
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour
le peuple.
La loi no 94-665
du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française1, dite loi Toubon, est destinée à protéger le patrimoine
linguistique français. Elle vise trois objectifs principaux :
· l'enrichissement de la langue ;
· l'obligation d'utiliser
la langue française;
· la défense du français en
tant que langue de la République (article 2 de la Constitution de 1958).
Elle vise alors à assurer la primauté de l'usage de termes francophones traditionnels face aux anglicismes.
L’Académie française, lors de sa séance du 12 juin 2008, vote
à l’unanimité la suprématie du français sur toutes les langues régionales.
L’Académie française, lors de sa séance du 26 octobre 2017, condamne à l’unanimité l’écriture
inclusive.
L’Académie française, lors de sa séance du 28 février 2019, adopte à une large majorité le
principe
la féminisation des
noms de métiers et de professions.
L’Académie française, dans un
communiqué du 21 novembre 2019 précise qu’elle n’a jamais été hostile à
l’introduction et à l’usage de termes étrangers. Mais se montre gravement
préoccupée par le développement du franglais et dénonce les violations
répétées de la loi Toubon. Elle alerte solennellement les pouvoirs publics et
les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi.
La nouvelle carte d’identité munie d’une puce électronique et
d’un QR Code, mise en circulation le 2 août 2021 est rédigée en français et en
anglais. « Une absurdité » pour les Académiciens, qui dénoncent le 5
janvier 2022 une violation de la loi de 1994 faisant du français la langue des
documents administratifs ainsi que l’article 2 de la Constitution. Or, le
règlement européen du 20 juin 2019 stipule à l’article 3.3 que « le
document doit porter le titre “Carte d’identité” [...] dans la ou les langues
officielles de l’État membre de délivrance, ainsi que dans au moins une autre
langue officielle des institutions de l’Union ». En d’autres termes, il
est seulement fait obligation de traduire le titre, pas les autres
mentions.
17 mars 2022
Fessenheim - la laborieuse manifestation de la vérité
Lors d'une émission télévisée sur TF1 le 14 mars, durant laquelle certains des candidats à la prochaine élection présidentielle se sont exprimés- sans débattre -, on a entendu, au sujet du triste destin de Fessenheim, des allégations erronées ou incomplètes, voire des âneries.
Nous renvoyons à l'article publié dans ce blog le 1er mars sous le titre "Politique énergétique - gouverner c'est prévoir - quelques repères" qui présente une chronologie du développement du nucléaire. Ci-dessous un extrait limité aux repères concernant Fessenheim. Les commentaires ne sont pas complets. La version intégrale dans l'article du 1er mars donne seule la perspective complète et le contexte.
| Centrale nucléaire de Fessenheim © EDF |
1978 – MISE EN SERVICE DE FESSENHEIM (département du Haut-Rhin), comprenant deux réacteurs REP (Réacteur à Eau Pressurisée) sur le modèle de la centrale de Beaver Valley, Pensylvania, l’eau pressurisée sert à la fois de modérateur et de caloporteur, puissance 2 x 900 = 1 800 MW.
2015 – LOI DE TRANSITION ENERGETIQUE. La loi du 17 août 2015 instaure un plafond de la puissance installée, désormais plafonnée à 63,2 GW. Dès lors, la mise en service de nouveaux réacteurs est conditionnée à l'arrêt préalable de réacteurs plus anciens. La loi fixe également un objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité.
2017 – PROMESSE DE MACRON DE FERMER FESSENHEIM. Pendant sa campagne pour la présidentielle Macron confirme que la fermeture de Fessenheim sera liée à la mise en service de Flamanville.
2019 – DECLARATION DE MISE A L’ARRÊT DEFINITIVE DE FESSENHEIM déposée le 27 septembre 2019.
La centrale appartient pour 67,5 % à EDF et pour 32,5 % à des groupes allemands et suisses (EnBW, Alpiq, Axpo et BKW). Avec l'accord de tous les actionnaires, EDF a engagé des travaux afin de porter la durée de vie de la centrale à cinquante ou soixante ans.
L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) considère qu'il n'y a pas de risques justifiant l'arrêt de l'exploitation de la centrale et qu’elle a donné son accord à la poursuite de l'exploitation de la centrale pour dix ans supplémentaires, en 2011 pour la tranche 1 et en 2013 pour la tranche 2, sous réserve que soient réalisés les travaux tirés des enseignements de Fukushima.
L’autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC) a accordé des renouvellements de licence jusqu’à 60 ans pour 81 réacteurs sur les 99 en service dans le pays, dont la centrale de Beaver Valley qui est la centrale de référence de Fessenheim.
2020 – FERMETURE EFFECTIVE DE FESSENHEIM, alors qu'elle était conditionnée à la mise en service de Flamanville 3, laquelle était, à l'époque, encore très lointaine (actuellement prévue en 2023).
2022 – DISCOURS DU PRESIDENT MACRON A BELFORT. Le 10 février 2022, sur le site de General Electric, il annonce la construction de 6 EPR avant 2050. Il annonce également la signature du contrat pour le rachat des turbines Arabelle, les plus puissantes du monde, liées aux technologies EPR, EPR2 et SMR. Rappelons qu’en 2015, Macron, alors ministre de l’Économie de Hollande, avait vendu la branche électrique d’Alstom (GE Steam Power), comprenant lesdites turbines Arabelle, à l'américain General Electric. D’aucuns s’interrogent sur la pertinence et surtout sur le bilan financier pour la France de cet aller-retour.
14 mars 2022
Versailles - Aménagement d'un skate-park boulevard de l'Europe
11 mars 2022
Yvelines Environnement - jeu concours "Nos amis les insectes pollinisateurs"
Dans le
cadre de son Cycle d’Education à l’Environnement, Yvelines Environnement
a lancé son jeu-concours destiné aux jeunes des Yvelines de 3 à 15 ainsi
qu’aux foyers d’hébergement du département.
Le
jeu-concours sera clôturé le 6 avril.
De
nombreux documents aident les élèves à compléter une grille de mots et à
réaliser une illustration du thème mis à l’honneur cette année, avec le soutien
fidèle du journal « Toutes les Nouvelles » qui propose chaque semaine des
indices, relayés sur le site d’Yvelines Environnement. Une œuvre de 50 x 65 cm doit
également être réalisée. Le bulletin de jeu peut être téléchargé sur le site https://www.yvelines-environnement.org/jeuconcours-nos-amis-les-insectes-pollinisateurs/
mais on peut aussi le trouver à la Ferme du Manet, à la Maison de la Forêt
Hamadryade et l’Ecole de la Campagne, à la Réserve naturelle de SQY ainsi qu’à
la Base de Loisirs, à la Bergerie nationale de Rambouillet, au Domaine de
Madame Elisabeth à Versailles, au Parc et Château de Thoiry, etc...
2 mars 2022
Versailles - aménagements et déplacements urbains - compte rendu de la réunion du 2 février 2022
| Logo IRVE © PROMOTELEC |
Le compte rendu de la réunion n°5 du groupe de travail Déplacements Urbains et Infrastructures tenu par visioconférence le 2 février 2022 est composé des documents téléchargeables par les liens suivants :
02/02/22 compte rendu réunion n°5
02/02/22 IRVE (bornes de recharge)
02/02/22 nouveau réseau de busSelon le représentant d'Enedis à qui la question a été posée, il n'existe à terme aucun problème d'alimentation électrique pour alimenter les bornes de recharge. Nous en doutons.
Le parc de véhicules en France est aujourd'hui de 33 millions d'unités.
Supposons que tous ces véhicules deviennent électriques, que leur consommation soit de 15 kWh, que chacun roule pendant 2 heures et recharge pendant 10 heures par jour.
Nous invitons le lecteur à faire le calcul de la puissance totale nécessaire mobilisable dédiée à l'usage du véhicule électrique. Le résultat pourra être exprimé en nombre de réacteurs EPR de 1 650 MW.
Le résultat que nous avons trouvé est tellement monstrueux qu'il y a sûrement une faille dans le raisonnement.
1 mars 2022
Politique énergétique - gouverner c'est prévoir - quelques repères
| Centrale de Civeaux © EDF |
Avec 19 centrales nucléaires et 56 réacteurs actifs en 2020, la France est au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis. La France dispose du parc nucléaire le plus important au monde par rapport à sa population.
Le fil chronologique présenté ci-dessous a été élaboré à partir d'informations piochées aux meilleures sources, lesquelles sont multiples : EDF, IRSN, ASN, CNE, CNP, CSFN, revues techniques et scientifiques, grandes entreprises, presse, etc.
Les buts recherchés sont : baliser les grandes étapes, les tournants et les retournements du développement du nucléaire civil en France au gré des évènements majeurs, mettre en lumière des choix politiques dogmatiques mal inspirés générant de fâcheuses conséquences et suivis de corrections tardives.
Cet article est associé à celui du 19 février 2022 dans ce blog, intitulé "L'avenir du nucléaire selon EDF".
1951 - mise
en service d'OBNINSK (à 100 km de Moscou), première centrale
nucléaire au monde à être raccordée au réseau électrique, puissance 5 MW, graphite
eau, prototype des réacteurs RBMK (Reaktor
Bolshoy Moshchnosti Kanalnyi).
1959 – mise
en service de MARCOULE (département
du Gard), première centrale de France, plusieurs réacteurs graphite gaz ;
G2 39 MW 1959, G3 40 MW 1960, Phénix 130 MW 1974.
1973 - PREMIER CHOC PETROLIER - Guerre du Kippour.
1978 – mise
en service de FESSENHEIM (département
du Haut-Rhin), deux réacteurs REP (Réacteur à Eau Pressurisée) sur le modèle de
la centrale de Beaver Valley, Pensylvania, l’eau pressurisée sert à la fois de
modérateur et de caloporteur, puissance 2 x 900 = 1 800 MW.
1979 - DEUXIEME CHOC PETROLIER - Chute du shah d'Iran
1986 – ACCIDENT DE TCHERNOBYL le 26 avril 1986. Cette centrale (à 100 km de Kyiv, Ukraine) est prévue comporter 6 réacteurs RBMK de 1 000 MW chacun, les 4 premiers et qui seront les seuls sont mis en service entre 1977 et 1983. L’accident touche le réacteur numéro 4. Il causera entre 60 et 3 000 décès. C’est la plus grande catastrophe nucléaire civile à ce jour. Le réacteur endommagé a été recouvert d’un sarcophage provisoire de béton par les Russes en 1986, bientôt dégradé. Une arche définitive d’un poids de 36 000 t, d’une durée de vie de 100 ans, a été construite par-dessus entre 2009 et 2016 par le groupement Novarka (Vinci – Bouygues).
| Tchernobyl - l'arche en position sur le sarcophage du réacteur n°4 |
1988 - CIVEAUX (département de la Vienne) début de la construction de deux réacteurs REP de 1 495 MW chacun, Civeaux 1 mis en service en 1997, Civeaux 2 en 1999. Dernière installation nucléaire construite en France, suivie d'une longue pause jusqu'à Flamanville 3 dont la construction débute en 2007. Cette pause provoquera une regrettable perte de compétences.
2007 – FLAMANVILLE 3, début de construction de la tranche 3, qui est un EPR de 3e génération, puissance 1 630 MW (Evolutionary Power Reactor, type de réacteur de la filière à eau pressurisée, conçu et développé, dans les années 1990, par la société NPI (Nuclear Power International), détenue à parts égales par Framatome SA et Siemens KWU) s’ajoutant aux deux premières tranches en service en 1986 et Flamanville 2 mise en service en 1987, toutes deux EPR d’ancienne génération de puissance 1 330 MW chacun. Flamanville 3 connaît de nombreux déboires techniques pendant sa construction entraînant des retards et des surcoûts très importants. La mise en service est actuellement prévue en 2023. Les difficultés sont imputées par EDF à la perte de compétences depuis Civeaux résultant d’une pause de vingt ans dans la conception et la construction de centrales nucléaires en France.
2008 - TROISIEME CHOC PETROLIER - Surcroît de demande.
2011 – ACCIDENT DE FUKUSHIMA le 11 mars 2011. Cette centrale (à 250 km au nord de Tokyo) comporte 6 réacteurs REB (Réacteur à Eau Bouillante) pour une puissance totale de 4 700 MW, mis en service entre 1971 et 1979. C’est un tsunami qui a provoqué la submersion de la centrale et la mise hors service du refroidissement entraînant l’accident nucléaire. Toute la région a été dévastée par le tsunami provoquant de nombreux décès mais aucun décès par radiation, même à long terme, n’a été constaté. L’accident aura des répercussions mondiales par renforcement des mesures de sécurité sur les centrales existantes et en projet. Les antinucléaires veulent ignorer que l’origine du sinistre est une catastrophe naturelle, et cela aura une influence décisive sur l’opinion publique et les décisions politiques visant l’arrêt de la production d’électricité d’origine nucléaire.
2011 –
PROMESSE DE HOLLANDE DE FERMER FESSENHEIM. Le 19 novembre 2011, à quelques mois de l’élection
présidentielle, le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les-Vert se concertent
pour former, en cas de victoire de la gauche, une coalition à l’Assemblée
nationale. Ils concluent un accord prévoyant la « fermeture progressive de
vingt-quatre réacteurs » (sur un total de 58 à l’époque) d’ici à 2025, dont «
l’arrêt immédiat de Fessenheim ». Après son élection, François Hollande promet que la centrale de Fessenheim fermera à la fin de
l’année 2016, dès la mise en service de l’EPR de Flamanville.
2015 – LOI DE TRANSITION ENERGETIQUE. La loi no 2015-992 du relative à la transition énergétique pour la croissance verte, aussi dite de manière abrégée « loi de transition énergétique » ou « loi sur la transition énergétique et pour la croissance verte » est une loi proposée en 2014 par le gouvernement français via la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, et présentée comme une loi « d'action et de mobilisation ». Cette loi fixe les grands objectifs d’un nouveau modèle énergétique français, dans le cadre mondial et européen (la loi « contribue à la mise en place d’une Union européenne de l'énergie »). Elle vise aussi à encourager une « croissance verte » (100 000 emplois espérés sur 3 ans) en réduisant la facture énergétique de la France et en favorisant des énergies dites « nouvelles », propres et sûres. Elle comporte aussi des dispositions favorisant l'économie circulaire et une meilleure gestion des déchets.
La loi du 17 août 2015 instaure un plafond de la puissance installée, désormais plafonnée à 63,2 GW. Dès lors, la mise en service de nouveaux réacteurs est conditionnée à l'arrêt préalable de réacteurs plus anciens. La loi fixe également un objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité.
En outre, si l'énergie nucléaire est une
énergie décarbonée, elle n'est pas renouvelable car elle utilise l'uranium
comme combustible. La Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) 2019-2028 prévoit ainsi la
fermeture de 14 réacteurs nucléaires.
2017
– PROMESSE DE MACRON DE FERMER FESSENHEIM. Pendant sa campagne pour la présidentielle Macron confirme
que la fermeture de Fessenheim sera liée à la mise en service de Flamanville.
2019 – DECLARATION DE MISE
A L’ARRÊT DEFINITIVE DE FESSENHEIM déposée
le 27 septembre 2019.
Rappelons
que la centrale appartient pour 67,5 % à EDF et pour 32,5 % à des
groupes allemands et suisses (EnBW, Alpiq, Axpo et BKW). Avec l'accord de tous
les actionnaires, EDF a engagé des travaux afin de porter la durée de vie
de la centrale à cinquante ou soixante ans.
Rappelons
que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) considère qu'il n'y a pas de risques
justifiant l'arrêt de l'exploitation de la centrale et qu’elle a donné son
accord à la poursuite de l'exploitation de la centrale pour dix ans
supplémentaires, en 2011 pour la tranche 1et en 2013 pour la tranche 2, sous
réserve que soient réalisés les travaux tirés des enseignements de Fukushima.
Rappelons
que l’autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC) a accordé des
renouvellements de licence jusqu’à 60 ans pour 81 réacteurs sur les
99 en service dans le pays, dont la centrale de Beaver Valley qui est la
centrale de référence de Fessenheim.
2019 – ABANDON DU PROJET ASTRID. Il a été décidé en août
2019 de reporter « à la fin du siècle » le projet ASTRID (Advanced
Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration), dont l’objectif
était de déployer sur le territoire national des réacteurs de quatrième
génération, dont aucun pays n’est actuellement doté. Annoncé par le
Commissariat à l’énergie atomique au début des années 2010, ASTRID avait pour
objectif d’initier un nouveau prototype de réacteur nucléaire à neutrons rapides utilisant le
sodium comme liquide de refroidissement. Le lieu de déploiement avait
d’ailleurs déjà été trouvé, en la centrale nucléaire de Marcoule, dans le Gard.
Un projet d’autant plus ambitieux qu’il aurait permis à la France de se doter
d’un des tous premiers réacteurs de quatrième génération. Ces
derniers ont pour objectif d’imaginer les centrales de demain, plus économes,
plus sûres et produisant moins de déchets.
| Projet de réacteur ASTRID © TRACTEBEL |
2020 – FERMETURE EFFECTIVE DE FESSENHEIM. Le
réacteur 1 est fermé le 22 février 2020 alors que la mise en service de Flamanville
3 est encore très lointaine (prévision actuelle 2023). Le réacteur 2 est fermé
le 30 juin 2020.
2021 – PLAN FRANCE 2030. Dans le plan "France
2030", présenté le 12 octobre, le président Macron a annoncé la
construction de "SMR", des réacteurs modulaires nouvelle génération,
devant, selon lui, faire émerger en France d’ici à 2030 des réacteurs
nucléaires de petite taille, innovants et avec une meilleure gestion des
déchets. Il a annoncé qu'une partie des 30 milliards d'euros
d'investissement prévus par le plan France 2030, allait être allouée à la
sûreté du nucléaire et à la réduction des déchets.
2022 - GUERRE EN UKRAINE. L'invasion le 24 février 2022 de l'Ukraine par la Russie provoque des perturbations majeures sur le plan énergétique. Certains pays découvrent qu'ils sont lourdement dépendants du gaz fourni par la Russie et qu'ils n'ont peut-être pas été bien inspirés en fermant leurs centrales nucléaires. D'autres comprennent enfin que le nucléaire est totalement décarboné et que l'éolien et le solaire nécessitent des centrales à gaz ou a charbon pour pallier leur intermittence. Les prix s'envolent. On prend brutalement conscience des conséquences de la dépendance énergétique. La production maintenue de Fessenheim aurait permis de couvrir un tiers des achats d’électricité au prix fort actuellement nécessaires .
Voir également dans ce blog, sur le même thème mais sous des titres différents, les articles du 19 février 2022, 14 octobre 2021, 26 mai 2021, 24 août 2020, 20 juin 2020 et 23 février 2020.
19 février 2022
L'avenir du nucléaire selon EDF
| Aéroréfrigérant de centrale nucléaire © SITES |
La filière nucléaire française
220 000 salariés, 3 200 entreprises, 50 milliards
d’euros de chiffre d’affaires en 2020 dont 10 milliards à l’exportation.
Fait unique dans le monde, cette filière couvre l’ensemble
du cycle du nucléaire : de l’amont, avec Orano qui assure l’approvisionnement
et l’enrichissement de l’uranium puis son retraitement en fin de cycle,
Framatome qui fabrique en France les gros composants comme les cuves ou les
générateurs de vapeur et les assemblages combustible, la conception, la
construction puis l’exploitation et la déconstruction des centrales par le groupe
EDF, appuyé par des compétences issues des entreprises de toute la filière,
jusqu’à la gestion long terme des
déchets, avec l’Andra (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs).
Sans oublier la recherche avec le CEA.
Lancer le programme de construction de 3 paires de réacteurs
EPR2 en France, c’est assurer, pendant la phase construction, plus de
30 000 emplois et 7 000 emplois pendant la phase exploitation.
Cette filière est très complète et c’est sa grande force. Depuis
2018, elle est organisée au sein du Groupement des Industriels Français de
l’Energie Nucléaire (GIFEN), qui coordonne et anime l’ensemble de ses actions.
Le parc nucléaire français
Avec 56 réacteurs en exploitation, répartis sur 18 sites
nucléaires, la France dispose du parc nucléaire le plus important du monde en
proportion de sa population. Chaque année, environ 400 TWh d’énergie nucléaire
sont produits.
Le nucléaire s’est développé en France à partir de 1963.
Après avoir testé la technologie graphite-gaz (1ère génération) en construisant
neuf réacteurs de ce type, la France a décidé en 1968, pour des raisons
techniques et économiques, de se tourner vers la filière à eau sous pression
(2ème génération), conçue et développée par les Etats-Unis.
L’impact du choc pétrolier de 1973 a conduit le gouvernement
Messmer à engager un programme de construction de 16 réacteurs de 900 Mégawatts
électriques (MWe), suivi à partir de 1976, de 20 réacteurs supplémentaires de 1
300 MWe. Entre 1996 et 2000, 4 autres réacteurs de 1 450 MWe ont été mis en
service, portant la puissance installée du parc à 63,2 GWe.
Un réacteur EPR (3ème génération) d’une puissance de 1 650
MWe - est actuellement en construction sur le site de la centrale de
Flamanville.
D’autres sites nucléaires existent en France, mais ils ne
produisent pas d’électricité. Il s’agit d’usines de fabrication de combustible
pour les centrales, de centres de gestion des déchets radioactifs ou de centres
de recherche exploitant des réacteurs expérimentaux.
Projet de 6 nouveaux EPR optimisés en France
Le projet EPR2 tel qu’EDF le réalise aujourd’hui vise à
répondre à une demande dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie
(PPE) fin 2018.
La proposition d’EDF est de construire trois paires d’EPR2 avec
une première paire sur le site de Penly, en Normandie, une deuxième sur celui de
Gravelines, près de Dunkerque, dans les Hauts de France, et la troisième sur celui
de Bugey ou de Tricastin, en Auvergne - Rhône-Alpes. La décision de lancement
de ce programme et le choix définitif d’implantation de ces réacteurs appartient
au pouvoir politique.
Un mix électrique composé d’énergies renouvelables et de
nucléaire permettrait sans aucun doute d’aider à atteindre l’objectif zéro
carbone que s’est fixé la France à l’horizon 2050.
Qu’est-ce que l’EPR2 ?
L’EPR optimisé ou EPR2 reprend le meilleur de la technologie
EPR en intégrant des optimisations issues du retour d’expérience des EPR
actuels, en construction ou en fonctionnement (Flamanville 3, en France,
Taishan, en Chine, Hinkley Point C en Angleterre et Olkiluoto en Finlande).
Au moment où le chantier de Flamanville 3 a démarré, cela
faisait pratiquement 20 ans qu'on n'avait pas démarré de chantier nucléaire en
France, et la perte de compétence était réelle. C'est vrai qu'il y a eu une
phase de réappropriation de la construction de ces chantiers nucléaires. Le
dernier réacteur construit en France était celui de Civaux 2, dans la Vienne,
et sa mise en service date de 1999, soit plus de dix ans avant le début du
chantier de Flamanville 3. Entre le génie civil de Civaux 2 et celui de Flamanville
3, il y a eu plus de 20 ans.
Flamanville 3 a permis de reconstituer beaucoup de
compétences, qui vont aujourd’hui être très utiles dans le cadre d’un programme
de construction de trois paires d’EPR2.
L’EPR (European Pressurized Reactor) est un réacteur à eau
pressurisée de 1 600 MW. Il a été développé pour être encore plus sûr et plus
respectueux de l’environnement que les précédents réacteurs. L’EPR intègre tous
les progrès récents en matière de sûreté, de réduction d’impact environnemental
et de performance technique. A production électrique équivalente, il permet une
utilisation plus efficace du combustible (-17 % de consommation de combustible
par rapport aux réacteurs de 1 300 MW) et une production de déchets radioactifs
réduite de 30 %.
A l’exportation, c’est la technologie EPR qu’EDF propose, en
particulier aux pays en forte croissance. En effet, l’EPR est un réacteur de grande
puissance : 1 650 MW. Il est adapté à des réseaux électriques solides
dans des pays qui visent à limiter la consommation de foncier.
EDF développe également l’EPR 1200, un EPR de moyenne
puissance (1200 MW), destiné aux pays aux contraintes de réseaux ou de source
froide ne leur permettant pas d’accueillir des réacteurs de forte puissance ou
qui souhaitent intégrer dans leur mix électrique de la production nucléaire
tout en ayant des besoins électriques plus modestes. Ce modèle est par exemple destiné
à l’appel d’offres émis actuellement par la République Tchèque.
Enfin, EDF et ses partenaires, au sein de Nuward, conçoivent
actuellement un modèle de SMR (Small Modular Reactor) qui, à terme, serait une
réponse adaptée pour des offres export dans des pays au réseau électrique
limité, par exemple pour remplacer des centrales charbon de 300-400 MWe. EDF
vise le lancement de la construction d’une centrale de référence en France à
l’horizon 2030.
Focus sur les SMR
Le Small Modular Reactor (ou SMR) a
vocation à répondre au marché en éclosion qui se concrétisera dans la décennie
2030 puisque nombre de pays émergents devront fermer leurs plus anciennes
centrales à charbon ou fioul, afin de répondre aux objectifs de neutralité carbone.
Conçus pour être
fabriqués en usine de façon modulaire et standardisée, les SMR sont rapidement
installables sur site.
| Schéma de centrale Nuward type SMR © BOUYGUES TP |
EDF, via le consortium français
Nuward réunissant EDF, le CEA, TechnicAtome et Naval Group, a pour ambition de
proposer à l’export un produit simple, sûr, performant et compétitif dans un
segment de petite puissance.
Nuward serait construit par paire
avec une turbine commune dans une centrale de 340 mégawatts (2 x 170 MW), pour
viser le marché du remplacement dans les décennies 2030 et 2040 des centrales à
base de fossiles dans les pays qui
voudront accélérer leur décarbonation. L'idée est de garder le même site, le
même réseau électrique, le même accès à une rivière ou à la mer - indispensable
pour le refroidissement d’une chaudière nucléaire - pour y connecter facilement
un SMR.
Point sur les EPR dans le monde, en service et en construction
Aujourd’hui, 3 réacteurs EPR sont déjà en fonctionnement
dans le monde, en Chine et en Finlande.
Les deux EPR chinois ont été construits sur le site de
Taishan dans le cadre d’un partenariat avec le groupe China General Nuclear
Power Corporation (CGNPC), dont EDF détient 30 % des parts. Le premier des deux
réacteurs a été mis en service le 29 juin 2018. L'unité n°1 fournit en moyenne
1 TWh par mois sur le réseau. La mise en service commerciale de Taishan 2 a eu
lieu le 7 septembre 2019. Avec ces deux réacteurs, la centrale de Taishan peut
produire jusqu’à 24 TWh d’électricité par an.
En Finlande, le réacteur nucléaire EPR d'Olkiluoto a quant à
lui divergé tout récemment, le 20 décembre 2021. Après le démarrage du
réacteur construit par le groupe français Areva, la production d'électricité débutera
en janvier avec une puissance à environ 30%, avant une mise en service à pleine
puissance en juin. Avec une capacité de production de 1 650 mégawatts, il doit
fournir environ 15% de la consommation de la Finlande.
| EPR Flamanville 3 © CYRILLE LALLEMENT |
| EPR Hinkley Point - pose du liner cup avec la plus grande grue du monde © EDF |
Du côté des EPR en construction, il y a bien-sûr Flamanville
3, qui en est au stade des dernières finitions et dont le démarrage est prévu
pour fin 2022. Et les deux EPR du site d’Hinkley Point au Royaume Uni, en phase
de construction du génie-civil.
Autres projets à l’export
Du côté de la Grande-Bretagne, EDF étudie deux nouveaux EPR à
Sizewell dans le Suffolk, venant s’ajouter
aux deux EPR en cours de construction à Hinkley Point dans le Sommerset.
En parallèle une offre engageante a été remise pour
construire six EPR en Inde, au sud de Mumbai. C’est le projet Jaitapur. En
effet, l’Inde prévoit de se doter d’une capacité supplémentaire de 56 GW d’ici
à 2040.
EDF a également remis il y a quelques mois une proposition
en Pologne pour construire entre quatre et six EPR, et se prépare à répondre à
un appel d’offre en République Tchèque.
Récemment, les Pays-Bas ont manifesté leur souhait de
relancer le nucléaire, et d’autres prospects sont possibles en Europe de l’Est.
Sur le marché mondial du nucléaire, quelques grands pays
disposent d’une filière industrielle capable de faire des offres à
l’international. Dans ces pays, il y a bien-sûr la France. En face d’elle, on
trouve la Russie, dont l’industrie nucléaire est déjà très active à l’export.
Il y a aussi la Corée du Sud qui vient de mettre des réacteurs en service dans
les Emirats Arabes Unis. La Chine et les Etats-Unis, notamment avec le modèle
AP 1000 développé par Westinghouse, disposent également d’une filière nucléaire
complète en support à leurs offres internationales.
On ne sait pas gérer les déchets nucléaires : info
ou intox ?
Comme toute industrie, le nucléaire produit des déchets. Pour
une partie, il s’agit de déchets dits conventionnels, mais ce qui interroge porte
souvent sur la gestion des déchets radioactifs.
Pour donner un ordre de grandeur, l’électricité consommée
par une personne en France pendant 50 ans représente 20 kg de déchets
radioactifs. Dans ces 20 kg, 500 grammes sont des déchets dits à vie longue.
L’ensemble des déchets radioactifs produit en France par les centrales
nucléaires mais aussi par le milieu médical, par exemple, a une filière de
traitement.
90% des déchets nucléaires produits par les centrales sont faiblement
ou très faiblement radioactifs et tous ont des filières de traitement et de
stockage. Le combustible usé à l’origine des déchets hautement radioactifs (ils
concentrent à eux seuls 99,9% de la radioactivité) peut être recyclé à plus de
96%. Il peut notamment est transformé en combustible « MOX ». Aujourd’hui,
22 réacteurs du parc français sont autorisés à utiliser ce combustible recyclé
et l’EPR2 serait, lui aussi, apte à l’utiliser.
La partie non-recyclable du combustible est quant à elle
vitrifiée et entreposée à La Hague, près de Cherbourg, et a vocation à être
stockée en profondeur dans le sol : c’est l’objet du projet Cigéo, conduit
par l’Andra.
Source : revue TRAVAUX n°975 de janvier-février 2022 pages 16 à 23 "L'avenir du nucléaire n'a jamais été aussi prometteur" - entretien avec Gabriel Oblin directeur du projet EPR2 chez EDF. Le texte ci-dessus est constitué d'extraits arrangés de cette interview.
Voir également dans ce blog, sur le même thème mais sous des titres différents, les articles du 14 octobre 2021, 26 mai 2021, 24 août 2020, 20 juin 2020 et 23 février 2020.

