26 septembre 2025

Téléphérique urbain Créteil - Villeneuve-Saint-Georges

 

© REGION IDF

Le 13 décembre 2025 sera mis en service le téléphérique urbain ligne C-1 Créteil- Valenton – Limeil-Brévannes – Villeneuve-Saint-Georges, financé à 50% par la Région Île-de-France.

Caractéristiques : longueur 4,5 km / durée du trajet complet 18 minutes / 11 000 voyageurs/jour / une cabine toutes les 30 secondes entre 5h et 23h30.

Autres téléphériques urbains en France :

  • ·        Brest 2016
  • ·        Saint-Denis de La Réunion 2022
  • ·        Toulouse 2022
  • ·        Ajaccio en cours prévu 2026
  • ·        Bordeaux en cours prévu 2028
  • ·        Nice à l’étude


25 septembre 2025

La nef des fous - 5

 

Das Narrenschiff - la nef des fous - Albrecht Dürer 1498

A la tribune de l’ONU le 23/09/2025 Trump a prononcé des propos réalistes et de bon sens qui pourraient laisser croire qu’il est moins fou qu’il n’en a l’air. Que dit-il ? 1) L’ONU finance une offensive contre les pays occidentaux alors qu’elle est censée mettre fin aux invasions, pas les financer. 2) L’Amérique appartient au peuple américain et il encourage les autres pays à prendre la même position pour défendre leurs citoyens. 3) L’Europe est en grande difficulté, elle est envahie par des étrangers illégaux et personne ne fait rien pour les expulser, ce n’est pas viable. 4) Chaque nation a le droit de contrôler ses frontières et de limiter le nombre de personnes entrant dans son pays. 5) Certains membres de cette assemblée ont cherché à reconnaître un état palestinien, ce qui revient à récompenser les atrocités commises par le Hamas, notamment le 7 octobre 2023. 6) Les Etats Unis sont prêts à prendre des sanctions très sévères contre la Russie. L’Europe devrait faire de même. Elle achète du pétrole à la Russie tout en la combattant. 7) Défendez la liberté d’expression et protégez la liberté religieuse, notamment celle de la religion la plus persécutée sur cette planète aujourd’hui, le christianisme.

A cette Assemblée générale de l'ONU, "un président sans gouvernement a adoubé un état sans frontières" a commenté Jean-Eric Schoettl (polytechnicien, ancien conseiller d'Etat et ancien secrétaire du Conseil constitutionnel).

Trump, toujours lui, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, s’est entretenu avec Zelenski puis a posté un communiqué surprenant, révélant une volte-face sur l’Ukraine par rapport à sa vision précédente (rappel : Zelenski est un dictateur, il faudra faire des concessions territoriales, la Crimée est perdue depuis des années et ce n’est plus un sujet). Il croit maintenant que l’Ukraine, avec le soutien de l’Europe et de l’OTAN, pourrait récupérer tous les territoires pris par la Russie, voire plus. Le chef de file de la coalition des volontaires a applaudi. Les Ukrainiens, quelque peu réservés, attendent des actions concrètes. Le porte-parole du Kremlin n’est pas autrement ému, il prédit que Trump aura changé d’avis dans trois jours. Divers analystes pensent que Trump veut simplement dire qu’il se retire du débat, n’a aucune intention de s’engager et de donner des armes décisives et qu’il laisse désormais les Ukrainiens et les Européens se débrouiller.

Madame Borne, ministre démissionnaire de l’Enseignement, est montée à bord de la nef en dévoilant cette idée géniale : féminiser le fronton du Panthéon sur lequel est gravé « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Est-ce une cause plus importante que la dette ? Elle n’est sans doute pas au fait des grands sujets politiques du moment, parmi lesquels ceux propres à son ministère, dont la maîtrise de la langue française. En français, le mot « homme » s’emploie dans un sens neutre (« non genré » ) désignant les représentants, hommes et femmes, de l’espèce humaine. Didier Ryckner, directeur de la rédaction de La Tribune de l’Art, séduit par le brillant projet de la polytechnicienne ex-premier ministre et ministre, va plus loin et apporte sa contribution par cette proposition « Aux grand·e·s femmes, hommes et non binaires, la patrie reconnaissante ». Rions, c'est toujours mieux que de pleurer.

Le pouvoir politique des juges continue de progresser. Nicolas Sarkozy, 70 ans, ancien président de la République, a été condamné aujourd’hui pour l’affaire dite « du financement lybien », à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire, c’est-à-dire qu’il va aller en prison incessamment. Trois chefs d’accusation importants ont été relaxés, les accusations de Médiapart ont été reconnues comme fausses. Le quatrième chef, seul retenu, est celui d'association de malfaiteurs, concept aux contours flous peu exigeant en termes de preuves. On lui reproche de ne pas avoir su ce que ses collaborateurs faisaient avec Mouhamar Khadafi, sans en apporter aucune preuve. Les juges sont prompts à exploiter avec grande efficacité leurs marges d’appréciation des termes de la loi pour exercer leurs inclinations idéologiques comme l’illustrent les affaires Fillon, Marine Le Pen et maintenant Sarkozy où leur sévérité s'est exercée au plus haut, tandis que dans l'affaire du policier de la BAC de Tourcoing sauvagement tabassé (5 auteurs mis en examen et relâchés) leur laxisme est flagrant. Sans oublier le conseil constitutionnel dont l’avis est supérieur à celui du parlement. L'affaire Sarkozy provoque l'indignation de la droite et la jubilation de la gauche. 


Voir dans ce blog, sous le même titre, les articles du 26/08/25, du 20/05/25, du 08/03/25 et du 02/03/25.

21 septembre 2025

Attentat antisémite rue des Rosiers le 9 août 1982 par le groupe terroriste palestinien Abou Nidal

 

restaurant juif Goldenberg rue des Rosiers 9 août 1982
©
LE MONDE
L'attentat meurtrier (6 tués et 22 blessés) au restaurant Jo Goldenberg de la rue des Rosiers, dans le Marais, il y a 43 ans, revient sur le devant de la scène avec l'annonce de l'extradition prochaine de Hicham Harb, présumé superviseur de l'opération terroriste. Hicham Harb appartient au groupe Abou Nidal dissident de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine). Il est identifié depuis plus d'une décennie et réside à Ramallah en Cisjordanie. La demi-douzaine d'acteurs de l'attentat, dont il fait partie, a jusqu'ici réussi à échapper aux mandats d'arrêt internationaux. 

Un procès va enfin avoir lieu, prévu pour 2026. L'annonce de l'extradition par l'autorité palestinienne du principal suspect Hicham Harb coïncide, sans véritable surprise, avec la reconnaissance d'un état palestinien par la France qui aura lieu demain 22 septembre 2025.

Un exposé sur l'affaire par le journaliste Henri Vernet du Parisien et un témoignage de Xavier Yon, rescapé de l'attentat, ont eu lieu dans l'émission "C à Vous" sur France 5 avant-hier vendredi19 septembre qui peut être visionnée en replay. Monsieur Xavier Yon est une personnalité versaillaise bien connue et estimée. L'exposé et le témoignage sont du plus haut intérêt.

19 septembre 2025

L'étrange silence des pays arabes à propos de la cause palestinienne

 

Le drapeau breton qui jusqu'alors égayait immanquablement les manifestations et défilés de toutes sortes en France est aujourd'hui supplanté par le drapeau palestinien. La présence du drapeau algérien, surtout aux matchs de foot, est également concurrencée.

Ce drapeau palestinien est brandi en nombre dans les rues et sur les places de France par des protestataires qui ne sont que très rarement des Palestiniens. On y trouve surtout des gauchistes – extrêmes mais pas forcément –, des islamo-gauchistes, des défenseurs des minorités (LGBT+, racisés divers et plein d’autres), des opposants à la retraite à 64 ans, des opposants aux pesticides, des opposants à toutes sortes de choses, des gens pas contents, des anti-tout, des amateurs de désordre, des antifas sans aucun doute, beaucoup d'antisémites. Parmi eux, souvent des jeunes. Parmi eux aussi – cela a été rapporté mais ne peut sans doute pas être généralisé – des défenseurs d’un état palestinien « du fleuve à la mer » mais qui sont incapables de nommer le fleuve (Jourdain) et de pointer Gaza sur une carte. De même, les antifas revendiqués ne sont pas tous capables de définir le fascisme et le nazisme. 

Bref, le drapeau palestinien sert de panache, d’oriflamme, de marque à une engeance d’agitateurs et de révolutionnaires au petit pied, semeurs de bazar en quête de caution. On a déjà vu ce comportement infantile il y a quelques décennies sous la marque Che Guevara. Et en plus du drapeau, il y a les slogans et les teeshirts, signes d'appartenance, le frisson sans les risques.

Plus grave, le chef d'un parti de gauche et non des moindres, qu’on a connu plus avisé, prône le pavoisement des mairies avec le drapeau palestinien le 22 septembre 2025, date qui est à la fois celle de la fête juive de Roch Achana et celle où le président de la République française proclamera devant l’Assemblée générale de l’ONU à New-York la reconnaissance de l’Etat palestinien par la France. Pour mémoire - parce tout a été dit déjà et répété - le pogrom abominable du 7 octobre 2023 qui a causé 1 205 morts et la prise de 252 otages israéliens par les Palestiniens est en voie d’effacement du récit historique, tout comme l’absence remarquée du président français à la grande marche contre l'antisémitisme, de l'Assemblée au Sénat, le 12 novembre 2023.

Une question se pose : tandis que la défense de la « cause palestinienne » prospère, notamment en France, avec des revendications dirigées contre les pays dits occidentaux de culture judéo-chrétienne, les pays arabes, eux, ne sont absolument pas visés par nos porteurs de drapeaux et ces pays se confinent dans un silence assourdissant. A part la Jordanie, le Liban et la Syrie, les pays arabes refusent d’accueillir des réfugiés palestiniens et se gardent prudemment de prendre position sur la question. Les raisons de cette attitude sont expliquées dans quelques médias. Elles sont politiques ( accords d’Abraham, risque de contamination par des révoltés incontrôlables) et économiques ( commerce avec Israël sur le gaz, l’armement, les technologies avancées, etc.). La solidarité entre membres de la Oumma présente quelques subtiles nuances permettant aux intérêts de chacun de prévaloir. Comme les antifas et antisémites de nos contrées, il n'ont en fait pas grand chose à faire du sort des Palestiniens.

12 septembre 2025

Blanche de la Force

 

Blanche de la Force
© HEIDI STOBER

Dialogues des Carmélites est un roman de Georges Bernanos, ambassadeur de France et poète catholique, publié à titre posthume en 1949. Ce roman construit sur le martyre des seize soeurs carmélites de Compiègne guillotinées le 17 juillet 1794, est inspiré du roman  historique Die Letzte am Schafott de l'Allemande Gertrud von Le Fort, auteur calviniste convertie au catholicisme, publié en 1931. Les carnets de mère Marie de l'Incarnation, dernière prieure de Compiègne, sont à la source de ces ouvrages.

Sous le même titre, tiré du drame de Bernanos, un opéra de Francis Poulenc a été adapté à la scène par Jacques Hébertot, créé à Paris en 1952 et créé à la Scala de Milan en 1957. Le Dialogue des Carmélites est un film franco-italien réalisé par Philippe Agostini et Raymond Léopold Bruckberger, sorti sur les écrans en 1960.

Blanche de La Force, est un personnage fictif illustrant la possibilité de dépasser la peur par la foi et la grâce. 

Argument résumé :

L'action débute en . Blanche de la Force, une jeune aristocrate parisienne mais particulièrement craintive, annonce à son père son intention d'entrer au Carmel de Compiègne. La mère supérieure du couvent la reçoit et lui demande d'exposer les raisons qui la poussent à rejoindre cet ordre religieux. Devenue novice, Blanche va vivre les derniers jours de la congrégation que la Révolution française veut éradiquer. La troupe envahit le couvent, mais Blanche réussit à s'échapper. Les ordres religieux sont dissous et les religieuses condamnées à mort. Elles montent à l'échafaud en chantant le Salve Regina. Lorsque le cantique, inachevé, cesse à l'exécution de la dernière sœur, Blanche, du milieu de la foule en entonne la conclusion et, réconciliée avec elle-même et confiante, monte à son tour à l'échafaud.

Béatifiées en mai 1906 par le pape Pie X, les seize carmélites martyres ont ensuite été canonisées par le pape François par décret en date du 18 décembre 2024, même si aucun miracle n’a été reconnu à ce jour. 

Une cérémonie d'action de grâce se tiendra demain samedi 13 septembre à 12h à Notre-Dame de Paris.

9 septembre 2025

Lexicographie - Transport de fond de culotte



Cette inscription sur un enrobé tout neuf peut être vue rue Carnot au croisement avec la rue Maréchal Foch. Ames sensibles s'abstenir.

Le fond , du latin fundus, est la partie la plus basse de quelque chose, un fond ne se transporte donc pas. Un fond de vérité. "Il a touché le fond et creuse encore" dit-on d'un cancre.

En revanche, un fonds désigne un bien, un capital, une ressource, de l'argent. Les agents de la Brinks sont des transporteurs de fonds. Un fonds de commerce. "C'est le fonds qui manque le moins", dit la fable.

On relève une fâcheuse ambiguïté entre fonds en tant que pluriel de fond et fonds qui est singulier et pluriel en même temps 

Au passage, rappelons le mot homophone fonts, du latin fons/fontes, qui n'est guère utilisé que dans le syntagme fonts baptismaux et dont est dérivé le mot fontaine.

Personne ne peut être bon en tout, par exemple en peinture et en orthographe à la fois. Mais il serait bon qu'à Versailles, plus qu'ailleurs, on évite des fautes d'orthographe aussi criantes. On a un rang à tenir, sacrebleu !


8 septembre 2025

La politique selon Richelieu

 

Richelieu au siège de La Rochelle - Henri-Paul Motte
©REDDIT

« La politique, c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire » -  cardinal de Richelieu (1585-1642) ministre de Louis XIII

cité souvent par Laurent Wauquiez, notamment lors de son intervention au congrès du parti LR au Port-Marly les 6 et 7 septembre


26 août 2025

La nef des fous - 4

 

Das Narrenschiff - la nef des fous - Albrecht Dürer 1498


Trump nourrit actuellement deux obsessions sous sa seyante casquette rouge : la première c’est d'éreinter les européens et de leur soustraire un maximum d’argent, la deuxième c’est de recevoir le prix Nobel de la Paix. Il sacrifie l'Ukraine sans le moindre scrupule. Sa marque de fabrique est de changer souvent d’avis, sauf pour le prix Nobel. Dans son délire il en est arrivé à pratiquer une sorte d’autodérision sur son comportement erratique « je ne sais pas ce que je déciderai, peut être ceci, ou alors cela, on verra bien ». Il est arrogant, mal élevé, odieux. Un plouc, brutal, puissant. Le maître du monde incontestablement.

La semaine dernière, le 17 août, l'auto-proclamée « coalition des volontaires » constituée de dirigeants européens a débarqué à Washington sans y être invitée, pour faire la leçon à Trump avant son entrevue avec le président ukrainien. Cette petite troupe aux allures de Bourgeois de Calais ou de délégués de classe demandant audience au proviseur, n’a pas été refoulée mais – peu de médias l’on rapporté – a été accueillie par un troisième couteau, a dû faire antichambre avant de rencontrer Trump qui, en hors d’œuvre d’un semblant de palabre, s’est d'abord payé la tête de chacun des solliciteurs, avec un cynisme aiguisé. Comme d’habitude, les plus fins analystes se demandent encore ce qu’il est sorti de cette gesticulation.

Madame von der Leyen, présidente de la commission européenne s’était déjà illustrée, le 27 juillet, en consentant à l’avanie de se faire recevoir par Trump dans son golf à Turnburry en Ecosse, pour négocier l'avenir économique de l'Europe. Son habileté n’ayant d’égal que son courage, elle a promis à l'ogre, sur les trois prochaines années, d’investir 550 milliards d’euros aux USA et de leur acheter pour 700 milliards d’euros de produits énergétiques, sans compter l'achat d'armes en nombre. Elle a accepté les droits de douane au taux imposé de 15% quand le Canada, sans tambours ni trompettes, par la seule vertu de la fermeté, a obtenu de Trump de les passer de 15% à 4%. Il est inconcevable que Madame von der Leyen ait pris ces engagements sans l’aval des chefs d’état éclairés qui ont constitué peu après la prometteuse « coalition des volontaires ».

Poutine, sans doute le moins fou des fous, est un prédateur méthodique, parangon de calme, de patience et de suite dans les idées, avec des idées claires et en nombre limité, toutes éclairées par la lumineuse pensée qu’avait énoncée son prédécesseur, Nikita Krouchtchev, lors de l’assemblée générale de l’ONU le 13 octobre 1960 : « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable ». Il se dit prêt à signer un traité de paix avec l’Ukraine – bien que, pour lui, elle n’existe même pas - à condition que toutes ses revendications inacceptables soient acceptées.

Trump et Poutine ont en commun de pratiquer de manière impudente le mensonge. Cela marche assez bien et d'autant plus que le mensonge est grossier, tant auprès de leurs courtisans qui applaudissent bruyamment pour préserver leurs privilèges qu'auprès de leurs peuples avides de grandeur donc réceptifs aux discours démagogiques qui l'exaltent .

Depuis la nuit des temps, c’est la loi du plus fort qui s’impose. On l’avait oublié. Il est un peu tard pour ouvrir les yeux. Les inconséquents somnambules qui nous dirigent et qui, contrairement à Trump et Poutine, sont souvent lettrés, seraient bien avisés de s'inspirer de la fable de La Fontaine « Le loup et l’agneau ». Nous sommes devenus d'impuissants vassaux.

Bonne nouvelle. Un concept innovant pour se débarrasser d'acteurs nuisibles sans laisser de trace et avec impunité garantie, est en train de prendre corps en France : les faire mourir de rire. Ça ne laisse pas de trace et n’est interdit par aucune loi. Nous disposons de quelques spécimens d'adorables chatons, à petites griffes molles, aptes à l’exercice, qui sont lâchés, ou qui se lâchent tout seuls, pour effrayer les méchants tels que Tebboune, Netanyahou, Trump, etc. Ils ne mordent même pas les mollets de leurs cibles mais s’excusent, dispensent des paroles creuses, font repentance, se soumettent, puis rentrent à la niche. Ces trompe-la-mort ne sont bons qu’à disserter devant leurs semblables et à lancer de solennelles adresses au peuple pour dire où sont le bien, le mal et le danger.

Voir dans ce blog, sous le même titre, les articles du 20/05/25, du 08/03/25 et du 02/03/25

16 août 2025

Boualem Sansal - "lettre depuis ma prison, ne détournez pas le regard"

 

© RESISTANCE REPUBLICAINE

Mes amis,

Si cette lettre vous parvient, c’est que malgré les murs, les verrous et la peur, il existe encore des brèches par lesquelles la vérité peut se faufiler. Je vous écris depuis une cellule où l’air se fait rare, où la lumière n’entre que pour rappeler aux prisonniers qu’ils sont toujours en vie, mais jamais libres. Je ne suis ni le premier ni le dernier à subir l’arbitraire du régime algérien. Ici, la prison n’est pas un lieu exceptionnel réservé aux criminels, mais un outil banal de gouvernance. La dictature enferme comme on respire : sans effort, sans honte. On enferme les journalistes, les militants, les écrivains… et parfois même ceux qui n’ont rien dit, juste pour servir d’exemple. Ma faute ? Avoir persisté à croire que les mots pouvaient sauver ce pays de ses propres démons. Avoir écrit que l’Algérie ne se résume pas à un drapeau et un hymne, mais qu’elle est d’abord un peuple qui mérite dignité et justice. Avoir refusé que l’histoire se répète, que la corruption et la violence continuent de tenir le haut du pavé. Je souffre, oui. Mon corps me trahit, la maladie grignote mes forces, et le régime espère que je partirai en silence. Mais qu’ils se trompent ! Ma voix, même enchaînée, ne leur appartient pas. Si elle peut encore atteindre l’extérieur, c’est pour dire ceci : ne croyez pas à leur façade de respectabilité. Ce pouvoir n’est pas un État, c’est une machine à broyer. À la France, je m’adresse sans détour. Vous avez été ma deuxième patrie, mon refuge intellectuel. Vous qui vous proclamez patrie des droits de l’homme, souvenez-vous que ces droits ne s’arrêtent pas aux rives de la Méditerranée. Les gouvernements passent, les diplomaties calculent, mais les principes, eux, doivent tenir bon. Ne baissez pas les bras, ne sacrifiez pas vos valeurs sur l’autel des intérêts économiques ou des alliances de circonstance. Je ne demande pas ma liberté par charité, mais au nom de ce qui fonde toute société humaine : la justice. Si vous cédez aujourd’hui devant un régime qui se croit intouchable, demain, d’autres prisons se rempliront, d’autres voix s’éteindront. Aux Algériens, mes frères et sœurs, je dis : tenez bon. La peur est une prison plus vaste que celle où je me trouve, et elle est plus difficile à briser. Mais je sais qu’un jour, le mur tombera. Les dictateurs finissent toujours par tomber. Quant à moi, je continuerai à écrire, même si mes pages restent cachées sous ce matelas de prison. Car l’écriture, c’est la seule liberté qu’ils ne peuvent pas confisquer, et c’est par elle que nous survivrons.

Boualem Sansal

Prison d’El-Harrach, Alger

Source : lettre publiée sur X par le journaliste indépendant, Oualid Kebir


Commentaire : L'incarcération arbitraire et scandaleuse de Boualem Sansal s'éternise et l'intensité des réactions s'amenuise comme souligné dans un article du Figaro du 16 août. Que cette lettre - cette belle lettre - soit authentique ou apocryphe, sa publication dans ce blog est une petite contribution pour raviver la défense médiatique de la juste cause du prisonnier.

10 août 2025

Réaménagement de l’échangeur N12/D91 dit « de Satory » - réunion de concertation du 11 juin 2025

Localisation de l'échangeur D91/N12

En venant du centre de Versailles vers le sud par la rue Maréchal Joffre (Potager du Roi) on passe au dessus les voies ferrées et on emprunte l'avenue Clément Ader en forte montée dans la forêt, avec des voitures en stationnement sauvage sur le bas côté. Cette avenue Clément Ader est en fait le début de la D91. On aboutit à l'échangeur qui permet d'accéder à la N12 (2x3 voies) direction Ouest vers Rambouillet, ou de la franchir par en dessous pour atteindre le quartier de Satory, sur le plateau du même nom. En sens inverse sur la D91, cette fois direction Nord, une bretelle permet l'accès à la N12 direction Est vers Créteil et un passage souterrain rejoint la rue Clément Ader qui descend vers le centre de Versailles.

Il s'agit d'un des principaux accès au quartier de Satory depuis Versailles et notamment de sa partie Ouest en développement où est implantée la gare Satory de la Ligne 18 du Grand Paris Express, en construction. Et réciproquement de Satory vers Versailles.

Les flux de circulation d'automobiles, de deux roues et de piétons seront notablement augmentés, nécessitant une reconfiguration profonde de l'échangeur qui tiendra compte de leur évolution sur le long terme.

La DIRIF (Direction des Routes d'Île-de-France), en charge du pilotage du dossier d'étude des accès routiers à Satory, procède à des consultations auxquelles est associée l'association deBange-Houdon pour le cas l'échangeur N12/D91. Ce cas d'espèce est particulièrement ardu en raison de la configuration topographique très contrainte et de la confrontation d'enjeux contradictoires de circulations multimodales, de préservation des forêts et d'emprises en terrain accidenté. Différentes solutions sont explorées et chiffrées. Le coût s'ajoute ainsi aux différents critères de choix.

Le compte rendu de la réunion du 11 juin 2025, établi par la DIRIF est à télécharger par le lien ci-dessous.

11/06/25 - compte rendu DIRIF réunion échangeur N12/D91

La discussion portant sur les différentes solutions à conduit au tableau de synthèse ci-dessous, qui n'a aucun caractère conclusif à ce stade.


A noter :
  • il existe un autre accès au quartier de Satory depuis Versailles, par la rue du Maréchal Juin, qui prend à gauche juste après le pont du chemin de fer.  Cet itinéraire présente deux inconvénients : il débouche en plein cœur du secteur militaire construit de Satory Est et allonge le trajet pour rejoindre la D91 sur le plateau, par un itinéraire compliqué comportant des voies étroites.
  • l'élargissement de l'avenue Clément Ader impliquerait la suppression du stationnement sauvage (une cinquantaine de véhicules) et il faudrait, dans ce cas, trouver une solution de substitution acceptable par les usagers.